Ecolo Modave
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Enquête publique pour le parc éolien : nos propositions

vendredi 12 mars 2010, par JFO

Composants verticaux

Des composants verticaux à part entière, qu’ils disaient ...

L’implantation en zone agricole nécessite de déroger au plan de secteur. En effet, d’après l’article 35 du Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine (C.W.A.T.U.P), la zone agricole ne peut en principe comporter "que les constructions indispensables à l’exploitation et le logement des exploitants dont l’agriculture constitue la profession".

Selon ses propres termes, dans son dossier introduit pour la demande d’obtention du "permis unique", le Maître d’Ouvrage (la société Electrabel) argumente (je cite) que :
L’implantation des éoliennes à 300 m environ au Sud et à un 1,2 km et plus au Sud-Ouest d’un groupe de pylônes et de faisceaux de lignes électriques permet de regrouper des impacts visuels et d’éviter le mitage de paysages vierges de telles infrastructures.
et aussi que :
Compte tenu de l’éloignement, les éoliennes s’intègrent au paysage, elles en deviennent une composante à part entière, au même titre que d’autres éléments verticaux tels qu’un clocher ou qu’un château d’eau.

C’est aller un peu vite en besogne ! Ces phrases toutes faites, sans doute reprises d’un précédent dossier, ne correspondent guère à la réalité du terrain au voisinage du site des Trinitaires et témoignent surtout de ce que celui qui les a écrites s’est soigneusement abstenu de regarder partout. Pourquoi ?

Parce que, tout en reconnaissant la qualité du projet soumis par Electrabel, en demeurant convaincu de la nécessité de tels bons projets éoliens, et en marquant sans ambiguïté notre soutien à celui-ci en particulier le groupe Ecolo de Modave rejoint totalement la constatation dressée par les riverains du site des Trinitaires : tout leur horizon vers le Nord étant saccagé par une forêt de pylônes électriques,

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Trinitaires-Nord
Vue vers le Nord depuis le chemin des Trinitaires (photo J-F.Orban)

il ne leur reste que celui du Sud. Le voici illustré ici par une photo prise exactement depuis le même endroit que la photo précédente.

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Trinitaires-Sud
Vue vers le Sud depuis le chemin des Trinitaires (photo J-F.Orban)

... Horizon Sud sur lequel pourraient être édifiés les quatre mâts en discussion ici [1].

Or, si nous convenons volontiers de ce que les éoliennes elles-mêmes s’intègreront facilement au paysages du fait qu’aucun câble aérien horizontal ne les relie entre elles, il nous parait fondamental que l’édification de celles-ci s’accompagne de « l’effacement » simultané des pylônes électriques hors du paysage Nord. En d’autres termes, il s’agit de faire valoir au Maître d’Ouvrage que s’il souhaite envahir l’horizon Sud, il lui faudra au préalable « nettoyer » l’horizon Nord ! Nous allons proposer des pistes dans ce sens ci-après. Certes nous n’ignorons pas que depuis la privatisation des métiers de l’électricité, l’infrastructure de transport (les pylônes donc) n’est plus propriété d’Electrabel. Il en sera tenu compte dans notre proposition.

Pour la plus grande satisfaction de la gourmandise électrique de l’Ardenne toute entière, notre commune de Modave —plus particulièrement son hameau des Communes — et un coin de Tihange payent depuis plus de vingt ans le prix fort du ravage paysager occasionné par Electrabel. En fait de campagnes bucoliques, la féé électricité a transformé ce coin de nature en un vaste espace de stockage pour ses répliques de tours Eifel que l’on dirait engluées dans le fil dentaire. Depuis ce temps la qualité de vie, pour ne pas parler de la santé, des riverains du hameau des Communes a été amputée des attraits de la campagne (la beauté des paysages) sans bénéficier d’aucun avantage en contrepartie.

Horizon Nord depuis RN66 (photo J-F.Orban)

Par conséquent, le groupe Ecolo de Modave demande, dans le contexte de l’attribution du permis unique demandé par Electrabel pour son projet de parc éolien aux Trinitaires, que les communes des Huy et de Modave s’associent pour conditionner l’autorisation d’édifier les 4 éoliennes à la publication par le Maître d’Ouvrage d’un engagement ferme —assorti du calendrier de mise en oeuvre qui lui correspond— d’ "effacer" de notre paysage les pylônes électriques compris entre le poste Gramme et la RN66. Pour ce faire nous lui suggérons deux approches, aux coûts respectifs incomparables :

- soit par le remplacement progressif des lignes aériennes par des lignes enterrées, à présent que la technologie existe pour les lignes jusqu’à 150 kV.

- soit par l’édification d’un rideau dense d’arbres et de hautes haies boccagères indigènes (8 à 10 mètres de haut sur 4 mètres d’épaisseur) le long de la RN66 (côté Tihange) entre le chateau des Communes et le rond-point de l’Aqueduc [2] ;

Nous ne doutons pas un instant que le coût disproportionné de la première option lui fera préférer la seconde, infiniment moins chère à concrétiser. Pour y parvenir, nous proposons que les communes des Huy et de Modave exigent du Maitre d’Ouvrage qu’il conclue des conventions avec les agriculteurs concernés —sur base volontaire— afin de prendre en location [3], pour la durée de vie du poste Gramme du Bois de Tihange, une bande de terrain de 6 mètres de large environ en lisière des terres agricoles et d’y faire pousser —sous la supervision de la DNF [4]— des essences indigènes. Pour cette solution, Electrabel peut même prétendre à des primes de la Région wallonne ! Il ne lui coûterait que la location de la bande de terrain et l’entretien des haies.

Horizon Nord depuis RN66 (photo J-F.Orban)

Il est évident que la hauteur des pylônes électriques en question dépasse très largement la hauteur du rideau d’arbre proposé. Comme l’illustre la dernière image, il s’agit d’exploiter l’effet de perspective pour masquer les "composants verticaux" depuis la route. Ainsi, pour un observateur situé au rond-point de l’Aqueduc, un écran végétal de 8 mètres de haut (soit approx. la taille du poteau d’éclairage vert au premier plan) permettrait déjà de masquer une grande proportion des "composants verticaux" indésirables.

Comment imaginer que des nouveaux arrivants puissent éprouver un jour l’envie de s’impliquer pour développer leur quartier de vie si on les laisse assister, impuissants, au saccage de celui-ci ? Même en période de crise, protéger la qualité de vie de nos concitoyens, c’est —indirectement— renforcer le lien social autour du plaisir du "vivre ensemble" dans un lieu agréable.

Une mise en perspective (photo J-F.Orban)


Il aura fallu cent générations de paysans et d’artisans pour créer le paysage et l’architecture de nos villages, mais il n’en faudra peut-être que trois ou quatre pour les dévaster...


Le groupe Ecolo de Modave

Notes

[1] Les horizons vers l’Est et l’Ouest étant bouchés par le relief

[2] En y ménageant naturellement les ouvertures nécessaires à l’activité agricole

[3] Location dont le montant incluerait naturellement, outre la mise à disposition de la bande de terre proprement dite, un dédommagement correct pour le manque-à-gagner de production agricole sur cet espace. Et location qui comporterait par exemple aussi une clause d’annulation immédiate au profit de l’agriculteur si l’affectation cadastrale de la zone devait être révisée (par ex. pour devenir zone à bâtir).

[4] Division Nature & Forêts de la Région wallonne

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