Ecolo Modave

A Modave, où l’odeur n’a pas d’argent

dimanche 2 décembre 2007, par JFO

Aux candidats à l’achat ou la reprise d’une parcelle sur les lotissements de la commune de Modave : le groupe ECOLO de Modave tient à vous informer de ce que les autorités communales ont pris, notamment en Conseil communal du 21 juin 2007, une décision inexplicable et absurde, allant à l’encontre de toutes les recommandations des experts [1] dont ceux de la Région wallonne, de ne PAS organiser un traitement collectif des eaux usées qui seront produites pas les futurs habitants des 55 maisons sur le lotissement des Quatre Voyes. En d’autres termes : pas d’égouts ! Et la seule canalisation qui existera sur le site sera uniquement destinée à évacuer les eaux propres !

La situation est identique sur les lotissement des Communes et, à l’heure actuelle, tout laisse à penser que cette absurdité risque de se répéter sur le projet de lotissement des Gottes. Pas d’égouts !

Il n’y a donc pas que le terrain !

Soyez donc informés de ce qu’il vous faudra, après l’achat du terrain lui-même :

* non seulement renoncer à une partie de la surface de votre parcelle si chèrement payée pour la consacrer à un système d’épuration individuelle,

* mais en plus sortir encore une somme d’argent conséquente (de l’ordre de 5000 €) pour faire installer —à vos frais— un tel système. Oubliez les primes ou incitants de la Région Wallonne : s’agissant d’une nouvelle construction, vous n’y avez tout simplement pas droit.

* puis encore mettre la main au portefeuille chaque année pour en assurer l’entretien. Or si les frais de fonctionnement d’un lagunage sont proches de zéro (un fauchage des roseaux par année), il n’en va pas du tout de même pour une micro-station individuelle consommatrice en outre d’électricité (de 170 à 250 € par ménage et par an) !

Les autorités communales vous feront certainement miroiter qu’en échange de cela, vous serez exemptés du payement de la taxe d’assainissement [2]. C’est la vérité... mais tout d’abord ce n’est pas du tout un cadeau que vous accorde la commune de Modave puisqu’il s’agit simplement d’un règlement de la Région wallonne. Ensuite, selon l’option que vous choisirez vous serez peut-être gagnant et souvent perdant au calcul. Voyez plutôt.

Peut-être gagnant, souvent perdant

Voici pourquoi :

Selon les statistiques officielles [3] la consommation d’un ménage moyen en Wallonie s’établissait en 2006 à environ 160 m3 d’eau par an. Dans le cas le plus favorable au citoyen équipé d’un dispositif individuel (c.-à-d. le jour où la taxe atteindra 1,2 €/m3), la ristourne de la taxe d’assainissement se montera à 160 * 1,2 = 192 € ; dans le cas actuel (taxe à 0,8 €/m3) la ristourne équivaut à 160 * 0.8 = 128 €.

Comparez ce montant avec le coût que vous aurez à assumer pour entretenir votre dispositif et vous verrez que, dans l’état actuel de la législation, vous n’en sortez pas souvent gagnant [4]. Que du contraire.

Dans un lotissement neuf ce système reporte surtout les tracas sur les épaules des ménages

Un dispositif collectif [5] ne vous dispenserait pas de la taxe d’assainissement ; mais jusqu’à présent vous devez la payer de toute façon, donc ça ne change rien pour vous. Chaque ménage serait toujours invité à contribuer proportionnellement à sa consommation. La seule différence est que le montant de la taxe reviendrait dans les caisses de la commune plutôt que dans celles de la Région wallonne [6]. Soit, avec les chiffres cités plus haut, autour de 128 € par année pour un ménage moyen. Or ce montant suffirait largement à couvrir les frais d’entretien et de fonctionnement d’une station collective, estimés à 110 € par ménage [7] ! Un boni serait même dégagé par la commune dans cette opération.

La commune —et à travers elle, la collectivité des habitants— serait donc gagnante et offrirait un meilleur service à ses habitants au lieu de les abandonner à leur sort et de reporter sur eux tous les tracas de l’évacuation et du traitement de leurs eaux usées. Ce service, profondément collectif et social, serait bien mieux à sa place entre les mains de professionnels du métier, sous contrôle de l’autorité publique ou issus de celle-ci, que laissé au bon vouloir de citoyens peu informés ni intéressés par le sujet. Sauf quand cela commence à sentir mauvais dans tout le voisinnage.

A Modave, où l’odeur n’a pas d’argent

Arrêtez de rêver, ce n’est pas à Modave que ça se passe ! Car malheureusement, pour des motifs qui demeurent inexplicables, rien de tout cela ne fait mine de se mettre en place à Modave, où la Majorité communale semble privilégier davantage les relations fructueuses avec les promoteurs immobiliers que la création d’infrastructures de développement durables pour accueillir de nouveaux habitants et équiper progressivement les actuels.

Le plus triste dans cette histoire, c’est que les décisions prises de nos jours auront des effets pratiquement irréversibles pendant plusieurs générations, bien après que les ignorants qui les ont imposées de force auront quitté ce monde. En effet, une fois les lotissements sortis de terre et les voiries construites, il deviendra tellement coûteux à la collectivité de creuser le sol pour placer de vrais égouts que cette éventualité ne sera probablement plus jamais envisagée.

Pour en savoir plus

Si vous voulez mieux comprendre la (triste) situation telle qu’elle se présente, les deux articles suivants devraient vous éclairer sur les agissements de notre commune en matière d’aménagement de lotissements sur son territoire : La Majorité communale à la Croisée des Intérêts et Quatre Voyes en Eaux Troubles.

Le groupe ECOLO de Modave

Notes

[1] Une telle politique apparait contradictoire au point d’être injurieuse par rapport à tous les rapports scientifiques et les actions menées en conséquence pour protéger les sources et réserves d’eau potable.

[2] Actuellement 0,8 €/m3 avec pour objectif 1,20 €/m3 en 2009

[3] Source : http://www.statbel.fgov.be/press/fl...

[4] Pour cette raison au moins, la solution du lagunage mérite toute votre attention

[5] Nommé assainissement autonome communal

[6] Remarquez qu’à l’heure actuelle cet argent, prélevé dans la poche des ruraux, sert essentiellement à financer les investissements des villes.

[7] Frais estimés pour une station de 250 Equivalent-Habitants

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